Ju nous raconte son accouchement physiologique…

C’est ma 3éme et surement dernière grossesse, j’ai déjà accouché une fois sans péri mais cette fois-ci je veux plus, je veux être actrice, jusqu’au bout et ne pas perdre pied à cause de la douleur.

Plus j’approche de la rencontre, plus l’appréhension grimpe, je me suis préparée, j’ai préparé super papa mais il y a toujours des imprévus qui peuvent survenir.

Le samedi, sans prévenir, je perds les eaux, il est 19h le repas est chaud mais c’est pour ce soir. A savoir que je n’ai pas du tout envie d’accoucher en pleine nuit, encore moins un weekend et je n’ai pas non plus envie que cette grossesse parfaite se termine… Je pleure, de tristesse, de nostalgie, d’angoisse à l’idée de laisser mes grands. Heureusement je me ressaisi assez vite quand je pense à mon objectif et à mes grands que je ne veux pas effrayer, super papa m’aide à relativiser. Nous préparons rapidement les garçons pour les laisser chez mes beaux-parents, comme mes précédents accouchements ont été assez rapide, super papa à tendance, sans se rendre compte, à forcer un peu sur l’accélérateur. Pourtant je n’ai pas l’ombre d’une minuscule contraction…

La sage-femme qui me reçoit ne sait trop où me placer au vu de mon dossier, je n’ai pas de contraction, mon col est très peu dilaté pourtant les autres accouchements ont été express. Dans ce CHU il y a une salle physio, UNE SEULE salle physio. J’ai déjà eu la chance de l’avoir pour Samuel, je me prépare donc à ne pas avoir cette fameuse chance deux fois (rires). Une phrase sera pourtant décisive : « voulez-vous la péri ? car une maman vient d’arriver elle ne sait pas encore si elle veut la salle physio, sinon elle est à vous »
YES ! la chance est avec moi 😀 je la remercie d’avoir pris en compte toutes les infos et pas seulement mon état actuel.

La salle physiologique tant attendue…

Par rapport à une salle classique on y trouve un très grand lit garni de plusieurs coussins, une chaise d’accouchement avec une liane pour se suspendre, une grande baignoire, un ballon et les petits plus non négligeables : une chaine hi-fi et des leds à intensité variable (beaucoup plus intimiste que les néons je vous assure) .

Il est environ 21h lorsque nous nous installons, je mets une tenue confortable et je m’assoie sur le ballon, on pari sur le jour d’arrivée de Jean, aujourd’hui ou demain, mais je n’ai toujours aucune contraction. On plaisante tous les deux, on imagine plein de scénario, mais à 22h30 perchée sur mon ballon je désespère sincèrement et j’imagine la nuit qui va se prolonger loooongtemps.

23h00 je ne tiens plus en place, le ballon ne fait rien du tout, je suis agacée et contrariée que cela ce passe pas comme je l’avais imaginé, je prends la décision de marcher jusqu’à ce que bébé arrive même si cela doit durer toute la nuit ! et là…

23h01 la 1ére contraction, on y est, c’est le moment.

Ce moment que j’imagine et que je prépare depuis des semaines, des mois. Je sais quoi faire c’est mon moment, NOTRE moment.

Je marche dans la salle physio de l’hôpital jusqu’à la prochaine contraction, je ne me crispe pas en attendant la douleur. Au contraire je profite de cette courte accalmie pour détendre mes muscles et imaginer bébé qui cherche le chemin.

23h05 elle arrive de nouveau. Je passe mes bras autour du cou de super papa et je m’étire jusqu’à la fin de la contraction en imaginant mon bébé, mon tout petit qui se rapproche de moi. Puis je reprends ma marche sereine et concentrée. Les contractions sont comme des vagues, je suis appuyée sur mon rocher et elles arrivent avec toutes leurs forces, leurs beautés, elles m’apportent mon bébé par leur puissance, elles vont m’offrir la vie.

Je pense à mes cours de sophro, c’est grâce à eux que je peux imaginer ces vagues qui me guident, j’entends la voix de Sybille qui me dit, Bébé connaît le chemin, faites-lui confiance, faites-vous confiance. Super papa a été briefé lui aussi, il a reçu la superbe illustration d’Orbie il y a plusieurs mois en ayant pour consigne de l’apprendre par cœur (rire). C’est un aide-mémoire visuel pour l’accouchement physio, je vous conseille chaleureusement d’enregistrer précieusement l’image et de l’envoyer à votre moitié pour le jour J. Dans le feu de l’action on peu facilement oublier les positions qui soulagent. C’est ici -> https://www.orbie.ca/portfolio/aide-memoire-accouchement/

Surtout allez voir son travail fantastique !

Grâce à cette illustration et à nos dialogues qui ont suivis la découverte de celle-ci, nous avons réellement pu vivre cet accouchement ensemble, de manière fusionnelle. Il n’était pas spectateur mais vraiment acteur et ça c’est magique. Il a pris toute sa place de papa dans cette naissance.

23h12 une nouvelle plus forte encore, je me raccroche au cou de super papa et je m’étire de nouveau, je mobilise mon bassin pour aider bébé à descendre, le mouvement est la clef. Une fois la contraction passée je continue de marcher, détendue, concentrée. Je me sens forte, femme, guerrière, à ma place et tellement fière de moi.

Je ne regarde plus l’heure seulement l’aiguille qui tourne au loin et une question, va-t-il arriver aujourd’hui ?

Les contractions se suivent, pas trop rapprochées, mais plus intenses, plus longues, j’arrive à rester concentrée, je ne perds pas pied face à la douleur. Je sais qu’elle est mon alliée.

Au bout de 5 peut-être 6 contractions, je le sens, c’est maintenant.

Je souffle à super papa, appelle les, il est là.

Je m’installe sur le lit, j’ai peur de perdre pied, je me dis pousse et tout sera fini, courage. Le sage-femme entre dans la chambre, me dit son prénom que j’ai oublié et attrape Jean dans la foulée à tel point qu’il n’a pas de gant, pas de monito, il est bluffé et moi aussi. Tout est allé si vite ! il en rigole et en plaisante, tellement, qu’au bout de longues minutes, on se rend compte que personne n’a relevé ton heure d’arrivée.

Tant pis, il est 23h45 et tu es là, en pleine santé, avec une maman plus fière que jamais.

J’avais déjà fait des cours de sophro pour mes précédentes grossesses mais trop tôt pour en apprécier les bienfaits lors de l’accouchement et le feeling n’était pas au rendez-vous. Vous devez être à l’aise et à votre place c’est important, cela peut tout changer le jour J. n’hésitez pas lire plusieurs ouvrages et témoignages pouvant vous aidez. Faites également, si vous le souhaitez, un projet de naissance, cela aidera les sages-femmes a bien cerner vos besoins et vos envies pour vous mettre à l’aise. Pensez également à préciser sur le projet ou à l’oral vos envies pour bébé, allaitement ou biberon…