Tout d’abord on souhaite vous rappelez un fait INDISCUTABLE, chaque maman est libre d’allaiter ou non, chaque maman est libre de donner un biberon ou non, chaque maman est LIBRE et aucune maman n’est mieux ou moins bien qu’une autre. On est toutes des mamans qui font le meilleur pour nos enfants et qui le font du mieux qu’elles peuvent, avouez ça fait du bien d’entendre cela 😊

 

 

  • Parcours de Ju

Pour ma part l’allaitement a été un cheminement de plusieurs mois voire années, pour mon 1er fils Paul (né en 2015) il était inconcevable d’allaiter, beaucoup de pudeur, envie que super papa prenne le relai, et je n’étais pas une tétine, non, non, non ! Et puis lors de sa naissance en siège (cf : article) nous avons été séparés (seulement une après-midi et une nuit) mais vous le savez autant que moi, avec des « si » on refait le monde et nos accouchements. Et si j’avais mieux poussé ? et si j’avais fait une deuxième version par manoeuvre externe (cf : article) (version par manœuvre externe : article en cours)  et si j’avais allaité aurions-nous été séparé… ? 6 mois plus tard je pleurais à chaudes larmes car je regrettais de ne pas avoir allaiter, mais mon garçon était en bonne santé et super papa toujours là pour me rassurer.

Octobre 2016 je tombe enceinte de Samuel et oui l’allaitement allait faire parti de notre vie, j’en parle à ma sage-femme, je me renseigne à droite et à gauche. Je suis confiante avant la naissance, notre corps est fait pour ça, pas de pression je teste et on voit ce que ça donne, il sera allaité pendant 1an.

Et enfin Août 2018 c’est Jean qui s’installe dans mon ventre, je m’étonne à chaque fois que l’on me demande si je vais allaiter, quelle question… bien sûr ! Il est né en avril 2019 et à ce jour il est toujours allaité (juin 2020) mais on est loin de l’allaitement idyllique que j’avais connu pour Samuel .. crevasses, mastites, saignements, engorgements, je crois que l’on a fait le tour des galères jusqu’à en trouver la cause. Grâce à une super chiropraticienne qui me confirme enfin ce que je répéte depuis des mois, son frein de langue est beaucoup trop court (article en cours). Après une rapide intervention à ses 10 mois tout est rentré dans l’ordre 😊

  • Parcours de Lily

Pour certaines c’est une évidence, pour d’autres pas du tout. Je fais partie de la seconde catégorie. Ce n’est qu’au 3éme mois de grossesse que je me suis posée la question et que l’envie s’est imposée. Ce n’était par contre pas du tout un sujet d’angoisse, ça marchait tant mieux, ça ne marchait pas tanpis. J’ai suivi les cours avec la sage-femme sur l’allaitement mais pour tout vous dire ça me semblait complétement vague et pas du tout concret.

Mon seul point d’inquiétude a été ma pudeur, donner à manger à mon bébé devant du monde comment allais-je bien pouvoir faire ?

Et puis notre Briac est arrivé, à peine sorti la sage-femme m’a demandé si je souhaitais allaiter et me la mis au sein. Assez brusquement quand on y repense, mais ça n’a pas dérangé mon petit loup. Il s’est mis tranquillement à têtouiller.

Ce qui m’a le plus embêté c’est cette courbe, et oui, forcément un bébé allaité perd du poids les premiers jours quand on l’allaite, on nous inquiète pour pas grand-chose alors qu’il lui faut juste du temps pour passer du colostrum à son vrai carburant 😊 ça m’a voulu une nuit de plus à la maternité grrr. Le reste est venu tout seul, je le changeais de position quand ça n’allait pas sans me poser trop de question, on découvrait ensemble et c’était plutôt bien. Les crevasses et l’engorgement, oh je n’y ai pas échappé mais on oublie et ça passe, on apprend… Pour Briac, cette aventure a duré 4 mois, il n’arrivait plus à rester au sein, mais je n’en ai aucun regret, nous étions prêts tous les deux.

Pour Gaby, le fait d’avoir accoucher à la maison, m’a rendu encore plus sereine… A 1 mois, elle a été hospitalisée pour de fortes quintes de toux et un manque d’oxygène par conséquent… Verdict : elle avait attrapé la coqueluche. On nous annonce qu’il faut se préparer à la probabilité qu’elle ne survive pas… L’allaitement a été pour moi une aubaine, pour elle son seul réconfort entre les quintes de toux… Un moment que j’ai chéri chaque instant… Dix jours plus tard, on nous annonce qu’elle est sortie d’affaire, on rentre plus tard à la maison… On reprend nos habitudes et je l’allaite jusqu’à 8 mois, on arrête d’un commun accord 😊

Questions/réponses

On pense souvent que le 2ème parent ne participe pas au moment important à cause de l’allaitement…

Ju’ « Un bébé ne passe pas toutes ses journées à manger, même s’il y a beaucoup de bébés gloutons 😉 le bain, le change, les balades… Dans une seule journée, il y a des dizaines de possibilités différentes pour créer un lien avec votre bébé. Et puis le deuxième parent est un soutien important pour la maman qui allaite, par exemple, les premières semaines après mes accouchements j’avais très soif à chaque tétée mais Super Papa pensait toujours à m’apporter un verre d’eau fraîche, j’appréciait vraiment ses attentions quotidiennes. »

Lily « Pour nous, les rôles se sont imposés d’emblée au retour de la maternité pour Briac, mon mari adorait changer les couches, c’était simplement son moment à lui enfin leur moment à tous les deux. Pour les nuits, nos deux enfants ont eu des nuits chaotiques pendant longtemps alors il allait les chercher, me les donnait pour que je puisse les mettre au sein et le câlin d’après repas, c’était son moment à lui avant de les recoucher. »

Allaiter, est-ce fatiguant ?

Ju’ « Non.. et oui ! (rires) allaiter c’est quand même moins fatiguant sur le côté matériel. Le lait est toujours prêt, pas de stress de fond de boite un dimanche (ça sent le vécu), pas besoin de laver les bibs encore et encore (ça aussi c’est du vécu). Mais bébé tète assez souvent car le lait maternel se digère plus vite, et pour ma part les nuits ont été hachées (voire très hachées) »

Lily « Pour ma part, oui ça a été fatiguant, je ne vais pas mentir. Etant assez speed de nature, je voulais pouvoir prendre le temps d’allaiter mes petits loups, et de faire tout ce qu’il y avait à faire à la maison, plus les nuits chaotiques, ça m’a valu pas mal de fatigue. Je devais aussi avoir des carences qui faisaient que mes jambes à chaque allaitement ne me portaient plus, idem la nuit, mais cette fatigue, j’aurai pu mieux la gérer en lâchant prise sur le reste. Mais plus facile à dire qu’à faire… On veut toujours être au top à nos risques et péril 😊 En revanche, assez pratique de ne pas aller faire de bib’ à chaque réveil.»

Un bébé allaité est-il plus dépendant de sa maman ?

Ju’ « Comme TOUS les bébés du monde, ni plus ni moins » , c’est vrai qu’on pourrait le croire, croire que le lien créé avec l’allaitement est plus fort qu’avec un bébé biberonné. Pourtant mon Paul m’a prouvé tout le contraire, lui qui n’a connu que les biberons a toujours eu un lien fort avec moi, et ce depuis sa naissance, chaque séparation est un déchirement même si il est dans un environnement familier. De mes trois enfants c’est assurément lui le plus « dépendant ».

Lily « Je ne pense pas que ça ait d’impact, chaque enfant est différent et est plus ou moins dépendant de sa maman ou de son papa. »

Comment cela se passe pour la diversification ?

Ju’ « Pour Samuel, nous avons débuté la diversification un peu après 6 mois, mais il ne voulait quasiment rien manger sauf du lait, nous avons fait à son rythme et vers 9 mois il a été complètement diversifié sans souci. Pour Jean, nous avons commencé vers 5 mois et il a dévoré tout de suite tous ses repas, chaque enfant a vraiment ses préférences. J’ai choisi aussi d’introduire des laitages dès le début de la diversification par choix personnel, attention car cela peut entraîner un sevrage induit (article en cours), si vous avez le moindre doute, vous pouvez vous rapprocher vers une conseillère en allaitement qui sera vous guider. »

Lily « Olala, la diversification… Vaste sujet, pour Briac nous avons commencé à 4 mois, il n’était pas fan mais au fil du temps, sans le bousculer, il s’y est mis. Pour Gaby, même chose, à 4 mois, ça s’est super bien passé. A contrario de Ju, je ne savais pas qu’il fallait éviter de mettre des produits laitiers, nous les avons mis dès le début et l’allaitement a pu continuer correctement. Pour la diversification, nous ne nous sommes jamais posé de question, on lui donnait ce qu’ils souhaitaient en fruits et légumes que ce soit des fraises ou autres 😊… Idem pour les morceaux, ils les ont eu très tôt à leur demande.

L’allaitement en bref ?

Ju’ « Bébé tète dès les 1ers signes d’éveil, on n’attend pas qu’il se mette à pleurer ou s’énerver car la prise au sein peut être compliqué. Attention à la position de maman et de bébé pour éviter les crevasses, bébé doit avoir le ventre bien contre maman et à chaque tétée on vérifie que bébé dégluti bien c’est signe qu’il mange, perso cela me rassurait au début. Si on a le moindre doute on fait vérifier la position par une pro. »

Lily « L’allaitement, c’est l’instinct… Il faut s’écouter, écouter son corps, et le bébé, pas trop se poser de question. Pour moi, c’est en se demandant trop si on fait bien qu’on passe à côté, ou en écoutant trop les mille avis divergents. Ecoutez-vous, chaque maman, jeune maman ou maman expérimentée a les clés au fond. C’est pour cela que je pense qu’il est important de ne pas trop avoir de visites dés le début pour avoir le temps expérimenter et de s’apprivoiser mutuellement avec notre bébé. »

Que faut-il prévoir pour allaiter sereinement ?

Ju’ « Des brassières d’allaitement confortables, des coussinets lavables, de la lanoline pour les crevasses, des coquillages d’allaitement pour prévenir les crevasses (article en cours) avec ça on a la base. On peut également rajouter un coussin d’allaitement pour les premières semaines et des fringues pratiques pour être au top ! Pour le tire-lait parlez-en à votre sage-femme, elle peut vous faire une ordonnance pour en louer un 😉 »

Lily « Tout pareil que Ju’, être à l’aise est le plus important. Je rajouterai les feuilles de choux pour les montées de lait douloureuses et éviter l’engorgement. La tisane au fenouil peut être bien aussi pour stimuler la lactation au début. »

Allaiter à l’extérieur ou en balade…

Ju’  «  C’était ma plus grande peur pendant la grossesse, j’avais même prévue un fauteuil dans la chambre pour m’éclipser si nous avions des invités. Et puis Samuel est né, les visites ont commencé, Samuel a eu faim et … le fauteuil n’a jamais servi (rires) toute la peur que j’avais imaginé c’est envolé, je ne voyais que mon fils qui avait faim et moi qui avait sa nourriture. Allaiter en public n’a plus jamais été un souci, surtout que les vêtements ne laissent rien paraître »

Lily « Idem que Ju’, c’était ma plus grande crainte. Mais la faim de mes enfants passait avant tout, dans ces moments là, on oublie tout ce qui nous entoure… Une louve avec son louveteau. »

Et la question qui revient le plus souvent, est-ce que l’allaitement ça fait mal ?

Ju’ « L’allaitement ne doit absolument pas faire mal, s’il y a douleur c’est surement le signe d’un frein de langue trop court, d’une mauvaise position ou autres. Il faut chercher la cause de cette douleur pour la corriger et soulager maman. Cependant les 1ers jours les seins peuvent être sensibles, il ne faut pas hésiter se servir des coquillages pour soulager entre chaque tétée. »

Lily « L’allaitement ne doit pas être douloureux, je rejoins Ju dans ce qu’elle dit. Le seul moment où on peut avoir mal c’est lors aussi d’un engorgement, crevasses… Prendre soin de son corps dans ces moments-là est important et pas hésiter à changer de position d’allaitement lorsque cela est nécessaire et pour soulager certaines parties de notre corps. »