L’accouchement, un moment temps attendu et à la fois tant redouté. Nous avons chacune des attentes différentes, des envies différentes. Dès la grossesse de Briac, avec mon conjoint nous avions évoqué la possibilité de ne pas aller à la maternité et puis nous avions tellement de doutes et pas forcément les professionnels de santé qu’il fallait à ce moment-là car oui comme vous le savez peut-être toutes les sages-femmes ne pratiquent pas l’accouchement à la maison.

L’accouchement de Briac, il a duré 13 heures, il ne s’est pas mal passé mais j’ai eu quelques regrets, j’avais réalisé la moitié du travail à la maison en arrivant au CHU, on m’a conseillé de m’allonger… C’est à partir de là que je n’ai pas réussi à gérer la douleur, lors du premier on ne sait pas, on ne s’écoute pas forcément, on fait confiance au personnel de santé. Je n’avais pas envie de péridurale mais je n’ai pas pu aller jusqu’au bout sans, la douleur était trop importante, je l’ai donc accepté ce qui m’a soulagé mais m’a empêché de pousser comme il le fallait. Notre loulou a donc été sorti à la ventouse. Rien de grave, mais au fond de moi j’avais cette certitude que ça aurait pu se passer autrement si j’avais eu assez confiance en moi pour dire « non » je ne veux pas m’allonger, je veux marcher.

Alors quand je suis « tombée » enceinte de Gaby, notre petite deuxième, on était sûre de nous, on voulait ce bébé à la maison. On sentait que c’est ce qui ferait qu’on se sentirait bien, à notre place… Certaines d’entre nous ont besoin d’être en maternité ou en maison de naissance pour se sentir bien, pour nous c’était à la maison 😊. On a eu un premier contact avec une sage-femme qui pratiquait les accouchements à la maison mais au 6éme mois de grossesse, elle a eu quelques soucis de santé qui ont fait qu’elle ne pouvait honorer cet accouchement à la maison. Et là grosse déception, gros coup au moral, pour nous c’était tellement sûr, tellement une évidence cette accouchement à la maison que nous sommes tombés de haut.

Pendant quelques jours, nous avons réfléchit à la possibilité d’aller à la maternité avec un projet de naissance, ce que je ne connaissais pas d’ailleurs pour Briac. Un projet de naissance permet à la maternité de connaître nos souhaits et nos envies lors de notre accouchement dans la mesure du raisonnable.  

Cette solution ne nous convenait pas tout à fait pour être honnête, alors j’ai continué à chercher, j’ai contacté la sage-femme que nous avions eu après Briac mais qui ne me suivait plus comme on avait déménagé à 40 kms… Elle avait peut-être une solution pour nous. Elle nous a recontacté deux jours après pour nous donner le numéro de T., cette sage-femme qui allait enfin pouvoir m’accoucher à la maison. Je n’avais qu’une envie c’est que mon mari rentre et que je lui annonce cette nouvelle même si je savais qu’il n’y avait rien de sûr…

Nous avons eu un premier rendez-vous, conquis nous étions, puis un second avec sa mentor B., et nous voilà parti dans cette aventure, ce moment, un des plus heureux de ma vie, de notre vie, l’accouchement à la maison.

Nous avions conscience que je pouvais être transférée à tout moment, que ça pouvait ne pas se passer comme prévu, tout ça on le savait mais on voulait essayer ! Ne pas avoir de regret, juste tenter, on savait qu’enfin de compte ce n’est pas nous qui décidions de ce qui passerait mais ça nous allait. 

Le terme était prévu au 29 Juillet, le 26 et le 27 furent deux nuits de faux travail, rôdés avec notre premier Briac, j’ai pris mon mal en patience en attendant les premières vraies contractions. Le samedi matin 28, j’ai commencé à sentir leur régularité et là comme une envie de remplir le frigo pour passer le temps, nous voilà parti au marché de Préfailles avec notre grand pour se changer les idées et oublier les petites contractions. Sur le retour du marché, c’est à ce moment là que j’annonce à mon mari que je crois que ça y est notre bébé ne va pas tarder. On décide alors de déposer notre Briac chez mes parents le midi pour qu’il puisse dormir tranquillement là-bas pour la nuit.

On rentre, on mange le repas du midi, et ça commence à s’accélérer à être douloureux alors je me mets à cuisiner pour le soir (je ne voulais pas que nos sages-femmes repartent le ventre vide quand même) on cuisine une bonne pizza. On file se balader dans la campagne, prendre un bain (j’ai détesté rires) comme quoi nous n’avons pas toutes les mêmes besoins. Chacune de nous vit son accouchement différemment.

Vers 17h, on se regarde, et le prénom ? On n’a pas encore décidé… Bon allez on s’y met pour un garçon : Gabriel ou Gaby et pour une fille : Gaby ou Alix. Après 10 minutes, le choix est fait, fille ou garçon ça sera : Gaby.

Vers 18h30, je commence à sentir que ça ne va pas tarder, nous décidons alors d’appeler notre sage-femme T. qui sera accompagnée de B., deux sages-femmes pour moi, génial 😊 Elles arrivent vers 19h et là me disent que je suis à 7 … Au fond de moi, un soulagement… Yes, il va arriver ce bébé. Youpi.

Et là tout s’accélère, s’intensifie, la douleur, les émotions, ne plus savoir comment se mettre. Je rouspète, je demande ma « maman », je dis des gros mots, je jette le pain de glace qui me refroidissait les mains. Je ne sais plus comment me mettre, elles finissent par me proposer le tabouret d’accouchement où je me sens à l’aise adossée contre mon mari et le canapé.

Notre bébé finit par montrer le bout de son nez à 21h, le cordon en écharpe, mais notre petite fille va bien. Le soulagement, l’euphorie, de la douleur au bonheur… Un ascenseur émotionnel. Je tremble mais je suis heureuse, fatiguée, elles me font les points qu’il y a besoin de faire pendant que j’ai notre Gaby dans les bras. Je la mets au sein et je la sens s’apaiser, une sensation qui vaut tout l’or du monde.

Ils prennent un repas et m’installent dans le lit c’est là que débute notre aventure à 4. Pendant deux nuits, j’ai fait des cauchemars de la douleur pour être honnête et puis j’ai tout oublié… comme quoi nous sommes bien faites.

L’inconvénient car pour moi il y en a eu seulement un, d’avoir accoucher à la maison, c’est d’avoir voulu faire des choses malgré la fatigue dès le lendemain à la maison, de ne pas avoir écouter mon corps, ma fatigue car Gaby se réveillait toutes les heures pendant les premières semaines. Ne pas m’avoir écouté m’a occasionné des œdèmes et une fatigue intense qui a mis du temps à disparaître. Pour le reste c’est un des meilleurs moments de ma vie.

Allez jusqu’au bout de ses rêves, s’écouter dans ses choix, je crois bien que ça vaut tout l’or du monde.

Encore merci à ces deux merveilleuses sages femme !  

Côté administratif pour celles qui sont tentées, il n’y a pas vraiment de choses à faire, le premier objectif est de trouver une sage-femme qui pratique l’accouchement à la maison, ensuite il faut s’inscrire quand même dans une maternité et se rendre à chaque rendez-vous. Pour ma part, je n’ai jamais précisé lors des rendez vous en maternité que mon objectif était d’accoucher à la maison. Je n’avais pas vraiment envie d’épiloguer sur le sujet si jamais face à moi j’avais une personne qui n’était pas pour. Et pour les papas, il faut impérativement après l’accouchement déclarer votre enfant à la mairie de votre commune et voilà.s.